Le Super Ceddo prépare son premier album : Hamdel Lô trace Yoon wi
C’est dans une atmosphère détendue à Ethnik studio que le bassiste Habib Faye trie les épices sonores qui, après mixage, devront aboutir à un produit fini dénommé Yoon wi, le premier album solo de l’ex-leader vocal du groupe Ceddo, Hamdel Lô.
Source : Le Quotidien
Le chevronné ingénieur Abdou Kaba tripote un clavier derrière la baie vitrée qui abrite le entre de mixage d’Ethnik Studio sous la supervision du talentueux et rigoureux bassiste du Super Etoile, Habib Faye, réalisateur du premier album solo de Hamdel Lô, depuis son départ du groupe Ceddo et la création de sa propre formation Hamdel Lô et le Super Ceddo.
Cet album qui va inaugurer l’ère solitaire de Hamdel Lô va s’intituler Yoon wi, comme pour décliner le chemin, la voie des nouvelles ambitions qu’il s’est donné. Unique lead-vocal du Super Ceddo, Hamdel Lô confie que «cet album constitue une autoproduction composée de onze titres». Des titres dont il est «l’unique auteur, compositeur et interprète». Album qui, en principe, devrait se retrouver sur le marché en ce début d’année. C’est d’ailleurs avec un optimisme non feint que Hamdel procède avec le staff technique aux derniers réglages de l’album. Et pour ce faire, il a fait appel à la voix timbrée de Mame Diarra Guèye pour assurer les chœurs.
Si les enregistrements ont été effectués depuis l’été dernier, Hamdel et le staff technique de l’album ne sont pas pressés de faire le reste. Tout le temps nécessaire a été pris pour faire le mixage. Et à la manette, il y a «le perspicace» Habib Faye. Regard rivé sur l’ondulation sonore, il interpelle l’ingénieur sur la moindre sonorité susceptible de créer une dissonance. L’exigence est au rendez-vous.
On coupe des échantillons de sons (sampling), on réajuste d’autres pour aboutir à une symphonie digeste des mélomanes sénégalais suffisamment désarçonnés. Les belles notes de l’album Yoon wi sont l’œuvre du claviste Ismaïla Cissé, du percussionniste Chérif Dupin prolongé par le verbe élevé de la guitare solo de Ndiaga Guèye. Ces deux derniers faisaient parti de sa vieille garde de Ceddo et ont décidé de l’accompagner dans cette nouvelle aventure.
L’album compte aller à la conquête du marché international où le mbalax ne fait pas recette. Heureusement Hamdel était bien aguerri des rythmes folk et afro-beats. «Seuls quatre titres sont en mbalax. Les autres épousent la World music», expliquent-il.
Hamdel veut marquer une rupture avec la tradition musicale qui se contente de l’événementiel. Pour lui, une œuvre musicale se consomme durant toute une vie et par conséquent, l’artiste ne doit pas être prisonnier du calendrier des fêtes. Son staff étudie en ce moment le profil des distributeurs de disques aussi bien à Dakar qu’à l’étranger. En guise de ballon de sonde, deux clips sont programmés dans les jours à venir.
Après la sortie de l’album, «j’envisage de faire une tournée nationale à la découverte de mes fans qui vivent dans le Sénégal profond», confie le lead-vocal du Super Ceddo. Néanmoins, il ne cache pas son amertume face à l’échec des politiques du ministère de la Culture. «Pourquoi un programme comme le Sida mobilise autant de moyens et de rencontres alors que l’industrie culturelle périt ?», s’interroge-t-il. Malgré le fait qu’il soutient qu’il y reste beaucoup de choses à faire du côté des autorités étatiques, il n’en demeure pas moins que Hamdel Lô est plus que conscient que les artistes ont aussi besoin de formation et de ressources pour pouvoir jouir pleinement de son art, mais aussi et surtout se dorer une place sur la scène internationale.